Quête de vision...dans le gazon.
Par Delphine, vendredi 19 janvier 2007 à 15:17 - jeux de ki
La quête de vision des Amérindiens était semble-t-il (je ne suis pas spécialiste, pardonnez mes inexactitudes) un rite pendant lequel un membre d'une communauté s'exilait seul dans la Nature pendant quelques jours pour jeûner, méditer, et chercher une "vision" ou un signe en réponse à une question importante. Aujourd'hui, dans le grand supermarché des stages de développement personnel, on peut retrouver des quêtes de vision, orchestrées par des organismes plus ou moins sérieux, l'exotisme du lieu choisi justifiant le prix parfois très élevé de la prestation. J'en parle parce que j'ai été tentée. Il fût une période où explorant la sagesse Amérindienne à travers des livres, l'envie me venait de partir dans la Nature et d'y recevoir des réponses à mes sempiternelles questions. Oui, un lieu sacré vénéré depuis des siècles où l'énergie de la Terre serait tangible aurait été parfait. Pourtant, je n'ai pas sauté le pas. La faute à mon budget, et à une petite voix qui me disait "groumpf, ça ne me va pas!".
Car pourquoi faudrait-il remettre une fois de plus le pouvoir de vivre de telles expériences en des mains extérieures? Pourquoi serait-ce réservé seulement aux portefeuilles bien fournis? Pourquoi ne pas faire simple?
Choisir une forêt non loin de chez soi, un coin de gazon accolé à un pavillon, une prairie tranquille avec un ou deux buissons pour s'isoler, un ruisseau glougloutant, voire juste un bout de balcon avec le nez au vent même sous le regard interrogateur des réverbères; poser son derrière par terre ou sur une chaise, et rester là pendant quelques heures, ou carrément toute la nuit pour plus d'intensité. Certes, il y a peu de chances de rencontrer ours, coyotes, bisons, tous ces grands animaux-totems si respectés. Mais il y a peut-être à saisir la vision d'une mésange endormie, d'un lièvre venu grignoter quelques brins d'herbe sous les étoiles, de la forme d'un nuage qui passe devant la lune, des feuilles portée par un coup de vent brusque, d'insectes laborieux. Autant de signes qui n'attendent qu'un peu d'attention pour être enfin reconnus, autant de clins d'oeil peut-être en réponse à nos interrogations.




